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Dominique Fortier

Dis donc, on la met où, la majuscule? Les majuscules aux titres d’écrits

definition-reviseur_editor-with-red-pen. Defenition in French of the word «réviseur»/copy editor/editor and «correctrice ou correcteur d'épreuves»/proofreader/reader/corrector in the publishing/editing world.C’est toujours embêtant, les titres d’écrits (œuvres littéraires [romans, nouvelles, chansons, poésie], manuels, etc.). Les règles sont complexes et arbitraires. Dans un souci de simplicité et d’uniformité, tant le gouvernement du Québec (Office québécois de la langue française) que celui du Canada (Bureau de la traduction) ont établi la convention qui consiste à ne mettre la majuscule qu’au premier mot d’un titre, de quelque classe qu’il soit (article défini ou indéfini, nom, adjectif, préposition, verbe, etc.)*. Si un nom propre figure dans le titre, il conserve sa majuscule, bien entendu. Par ailleurs, les titres s’écrivent en italique. Cette règle s’applique également aux œuvres d’art, aux films, aux émissions de radio et de télévision ainsi qu’aux documents électroniques.

Exemples :

  • Qui ne connaît pas Les belles-sœurs de Michel Tremblay?
  • C’est Marie-Claire Blais qui a écrit Une saison dans la vie d’Emmanuel.
  • Le documentaire Les discrètes sera présenté à Radio-Canada en mai.

* Note : Certaines maisons d’édition québécoises appliquent la convention typographique en usage en France plutôt que celle présentée ici.

Les titres de journaux et de périodiques, pour leur part, prennent généralement une majuscule au premier nom et à l’article si ce dernier fait partie du titre. Bien sûr, les noms propres qui font partie du titre gardent aussi leur majuscule. Comme dans le cas des œuvres littéraires et artistiques, on écrit les titres de journaux et de périodiques en italique.

Exemples :

  • Henri Bourassa a fondé le journal Le Devoir en 1910.
  • Le quotidien The Globe and Mail est publié à Toronto.
  • Le siège de l’hebdomadaire Die Zeit [le temps] se trouve à Hambourg.

Toutefois, lorsque le titre d’un journal ou d’une revue est cité dans le cours d’une phrase, on peut considérer l’article défini initial comme appartenant à la phrase même. Cet article prend dans ce cas le bas-de-casse ou la minuscule et se met en romain (pas en italique).

Exemple :

  • Je reçois le Devoir et le Soleil tous les matins.

Aussi, l’article défini initial du titre anglais (ou étranger, sur le même modèle) d’un journal ou d’une revue que l’on cite à l’intérieur d’une phrase se traduit et appartient dès lors à la syntaxe de la phrase; il se met en romain.

Exemples :

  • Les Canadiens anglais lisent le Globe and Mail (plutôt que « lisent The Globe and Mail »).
  • Beaucoup d’États-Uniens lisent le New York Times (plutôt que « lisent The New York Times »).
  • Les libéraux de gauche allemands lisent le Zeit (plutôt que « lisent Die Zeit »).
  • Lire le Spiegel permet d’améliorer son allemand (plutôt que « lire Der Spiegel »).

Enfin, lorsque, dans une phrase, il y a contraction de l’article du titre (cela vaut pour les journaux et pour tous les autres écrits) avec les prépositions à ou de, on ne met pas de majuscule à cette forme contractée (au, aux, du, des) et elle s’écrit en romain; on met la majuscule au premier mot cité du titre.

Exemples :

  • L’article est tiré du Devoir (et non « de Le Devoir ») quelque part en mars.
  • Nombre de Canadiens sont abonnés au Globe and Mail (et non « à le [The] Globe and Mail »).
  • La première des Discrètes (et non « de Les Discrètes ») aura lieu demain à la Grande Bibliothèque.

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  • En lisant l’édition de la veille du Zeit (et non « de Die Zeit »).

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Vous arrive-t-il aussi de buter sur des problèmes de majuscules dans des titres d’écrits de toutes natures?

 

2 Comments on “Dis donc, on la met où, la majuscule? Les majuscules aux titres d’écrits”

  • Dwain Richardson

    says:

    Bien que je ne sois pas rédacteur francophone à la base, je vous suis toujours reconnaissant de vos capsules linguistiques comme celle que vous avez rédigée.

    J’avais une question au sujet d’un de vos exemples donnés ci-haut. Vous avez écrit : « Lire le Spiegel (en italique) permet d’améliorer son allemand. » Cette phrase ne devrait-elle pas se lire « Lire le Spiegel permet d’améliorer l’allemand »? Je me rappelle d’avoir rédigé une lettre de présentation fictive pour un cours, et le professeur a pris le soin de m’indiquer qu’on ne doit jamais personnaliser les langues (les langues étant universelles, elles ne peuvent pas appartenir à une seule personne). Y a-t-il une règle stricte en ce sens dans la rédaction française? Je sais que certaines langues, dont l’espagnol, pour ne nommer que celle-là, imposent des règles autour de l’usage (abusif) de pronoms personnels, de manière à ne pas imiter l’anglais qui semble les utiliser à outrance.

    Au plaisir de vous lire.

    • Ton commentaire est intéressant. C’est vrai qu’en rédaction en langue d’origine de même qu’en traduction anglais-français, il faut éviter le recours aux pronoms personnels de manière à ne pas imiter l’anglais, et toujours rester neutre. Toutefois, ici, je ne vois pas vraiment le problème, puisque dans la phrase « Lire le Spiegel (en italique) permet d’améliorer son allemand. » signifie « améliorer l’allemand qu’une personne parle déjà », dont elle a déjà des notions (le niveau de connaissance d’une langue varie d’une personne à l’autre). Et le « son » est ici le possessif équivalent au pronom personnel on, neutre, puisqu’il remplace la notion de « langue que quelqu’un (une personne, quiconque) connaît un peu ». Si j’avais écrit « Lire le Spiegel (en italique) permet d’améliorer VOTRE/TON allemand. » (l’anglais aurait dit quelque chose comme “Reading the Spiegel (en italique) allows YOU to improve YOUR English”), là j’aurais personnalisé en imitant l’anglais, et ça, il ne le faut pas. Mais si quelqu’un améliore quelque chose, c’est toujours par rapport à soi. Ainsi je pourrais dire « Améliore ton allemand avant penser écrire dans cette langue. » et ce serait correct. Correct aussi : « Je suis allée en Allemagne pour perfectionner mon allemand (l’allemand que je connais, le niveau où je me situe en allemand) ».

      J’espère avoir répondu un peu à ta question.

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